Te souviens-tu de Souliko’o ? de Jean Failler

TOME 2

Te souviens-tu de Souliko’o ?

Le vendredi 21 mars 2008 par Sheherazade

Dégoûtée par l’attitude laxiste de certaines instances supérieures à l’encontre du sieur Vanco, Mary Lester, prenant à la lettre ce que lui dit le commissaire Fabien qui lui conseille de se reposer à l’autre bout du monde, s’envole pour l’Australie bien décidée à découvrir le mystérieux passé de Julius Van Korkelien, alias Jules Vanco. Pourquoi en effet abandonner un immense domaine pour une petite propriété dans le Finistère Nord, en Bretagne ?

La voilà à Menton, dans le Queensland, où elle est reçue avec gentillesse par le constable local, Wellington, qui l’invite chez lui. Là elle lui pose quelques questions à propos du domaine de Trois-Rivières où elle aimerait se rendre. Sa question éveille la curiosité du constable et lorsqu’elle prononce le nom de Van Korkelien, l’attitude chaleureuse du commissaire local diminue de quelques degrés, jusqu’à ce qu’elle lui explique les raisons de sa curiosité.

Après un voyage secoué sur la piste, le constable Wellington la conduit chez l’ancien constable, Ed Mason, un vieux broussard sympathique marié à une aborigène. Lorsqu’il entend prononcer le nom du maudit Vanco, Mason lui montre le dos de son épouse Souliko’o : lacéré à coups de fouet, comme son visage ! Ce n’est pas tout, Van Korkelien avait acquis à bon prix le superbe domaine de Trois-Rivières et immédiatement avait détourné le cours de la rivière à son profit.

Les « Aussies » ne sont pas vraiment tombés de la dernière pluie et Mary Lester leur explique le but de sa visite : trouver les raisons du départ du salopard et son installation à l’autre bout du monde. Elle reçoit l’entière collaboration des deux hommes qui la conduisent au domaine, racheté par la famille Grossman qui l’accueille à bras ouverts. Avec Rose, la fille des Grossman, Mary va pouvoir rencontrer la famille de Souliko’o et comprendre pourquoi un type de près de deux mètres et capable de soulever un baril énorme est devenu un squelette ambulant. Le sorcier a « pointé l’os », ce sort fait que quelqu’un en excellente santé se met à dépérir peu à peu jusqu’à mourir ; ce sort n’est réservé qu’aux « kelik », c’est-à-dire des êtres vraiment vils à l’âme noire. Comme Vanco, quoi ! Pour échapper à ce sort, il faut quitter le continent, car tant que l’on est en Australie, les sorciers se relayent de part en part. On n’échappe pas à l’ « os pointé ». Sauf si l’on arrive en Bretagne, à l’autre bout du monde.

Munie de photos, de renseignements, Mary Lester, le cœur un peu gros, reprend l’avion pour l’Europe hivernale, quittant le printemps australien pour l’automne breton.

Le temps maussade ne sera pas le seul à jeter un froid sur la jeune capitaine de police ; les R.G. sont sur sa trace et ont décidé d’ « avoir sa peau », ou plus précisément de la faire passer en commission disciplinaire et de préférence renvoyer de la police. Ils reçoivent bien entendu l’appui de l’adjoint du préfet trop content de river le clou à la péronnelle qui osa lui tenir tête.

Or, pendant ce temps, à Trébeurnou, les choses ne s’arrangent pas ; un trafic d’objets d’art volés aux églises et autres monuments, semble trouver son origine, ou du moins sa filière dans le village et un ancien maire pourrait bien y être impliqué. Avec l’aide de l’adjudant Lucas et de son sympathique adjoint martiniquais, Dieumadi toujours d’excellente humeur, sans oublier Corentin Kerloc’h, Mary Lester va tenter son va-tout afin de démasquer ce trafic dans lequel, elle en est convaincue, trempe aussi Vanco.

L’avenir paraît sombre pour Mary Lester, mais - comme le dit le commissaire Fabien - il ne faut jamais sous-estimer son capitaine préféré. Mary Lester est une lutteuse, dans l’adversité elle relève la tête et se bat, car il ne faudrait pas l’oublier, elle possède de solides notions de droit. Elle tombera peut-être, mais pas sans se battre.

Ce deuxième tome de la nouvelle enquête du capitaine de police Mary Lester m’a nettement plus intéressée que le premier opus. En fait le roman se divise en trois parties, dont le premier tome est le long prélude.

L’action de la deuxième partie, ou début du second tome, se situe en Australie et la documentation sérieuse de l’auteur Jean Failler permet de découvrir quelques intéressants détails sur certaines coutumes des aborigènes. Les personnages qu’elle rencontre à l’autre bout du monde sont truculents et sympathiques, pleins de vie et de bonne humeur.

Lorsqu’elle revient à Quimper, le paysage soudainement s’assombrit et pas seulement en raison des différences climatiques. Les policiers des R.G. qui sont décidés à la faire tomber utilisent de méthodes peu reluisantes, intimidant ses proches, s’en prenant à JiPi Fortin que l’on retrouve avec sympathie, même dans si ce n’est que brièvement.

Celle par contre à qui on n’échappe plus depuis « La Variée était en Noir », est Amandine Trepon qui, si elle est une vieillle dame serviable et très seule, est vraiment très (trop) envahissante. Sous prétexte de dactylographier les romans, les rapports, de nourrir le chat, d’arroser les plantes, de jardiner, etc etc, elle est systématiquement dans la petite maison de Mary Lester. Dès le matin, elle lui fait le café, elle lui fait ses repas et comme elle est plutôt manipulatrice sans avoir l’air d’y toucher, elle adore avoir recours au chantage au sentiment lorsque Lester ne lui donne pas les renseignements que la curieuse a envie d’avoir. Moi elle m’étouffe ! comment un personnage décrit comme « indépendant » peut-il supporter cette intrusion systématique dans sa vie, je ne comprends pas que l’auteur ait eu besoin d’ajouter ce personnage qui finalement n’apporte pas grand-chose aux intrigues.

A part cela, la troisième partie de l’enquête est passionnante, pleine de rebondissements, d’action et permet d’oublier un peu le long et lent tome 1.

Ce tome 2 fut aussi vite lu que son prédécesseur, mais cette fois avec plaisir.

Un autre article de MaBibliothèque.Net a été écrit sur ce livre : Te souviens-tu de Souliko’o ?