Les Confins du monde de Valerio Manfredi

Il Confine del Mondo

Les Confins du monde

Le dimanche 2 octobre 2005 par Sheherazade

Après l’Egypte, après avoir franchi l’Hellespont, les victoires d’Issos et de la plaine de Gaugamèles ouvrent à Alexandre et ses troupes la route de l’Orient et ses mystères. La civilisation perse attire le jeune roi macédonien par ses fastes. Babylone et ses jardins merveilleux le fascinent, ce qui n’empêchera cependant pas le jeune tyran de livrer la magnifique Persepolis à la soldatesque grecque qui va l’incendier et la saccager avec une sauvagerie sans nom, sous le regard implacable et sans pitié de leur chef, soi-disant si magnanime.

Pourtant, plus loin et ailleurs, il n’acceptera plus de pillage, épousera la belle princesse Roxane, sans pour cela cesser de mettre dans sa couche toutes celles qui s’y précipitent d’ailleurs.

Dans la troupe le mécontentement groupe néanmoins, les hommes sont partis depuis tant d’années, la Grèce leur manque, ils ne peuvent apprécier, ni s’identifier à ces « barbares » aimant les soieries, les beaux vêtements, les coiffures compliquées, les mets raffinés, les coussins... Et puis, comment leur chef peut-il tolérer de conserver au sein des villes occupées les anciens gouverneurs ; c’est compter sans le génie politique d’Alexandre, ne pas investir totalement les pays, conserver des alliances, montrer de la mansuétude.

Tout cela ne convient guère à une partie de l’armée qui menée par le fils aîné du général Parmenion fomente un complot ; celui-ci découvert, les coupables seront châtiés de manière exemplaire, y compris le vieux compagnon d’armes de Philippe de Macédoine. Et parmi les autres faux-pas, il y aura l’assassinat sous l’effet de la colère et la boisson de l’ami d’enfance Cleitos, celui qui osa dire la vérité à Alexandre, qui lui jeta en plein visage les flatteries et les veuleries des autres généraux, celui qui osa dénoncer la déification d’Alexandre à la mode orientale ce qui est en totale opposition avec la démocratie conçue par les Grecs, en totale contradiction avec les enseignements d’Aristote. Mais surtout avant de recevoir le coup d’épée fatal, Cleitos a osé huler que jamais Alexandre ne ressemblerait à Philippe de Macédoine. C’était là le plus intolérable !

Blessé au cours d’une bataille, Alexandre dit le Grand mourra de manière mystérieuse, soit d’un empoisonnement, soit de septicémie. Assassinat ? accident ? maladie ? peu importe, sa légende pouvait commencer.

Troisième et dernier volet de la biographie romancée, « Il Confine del Mondo  » confirme le caractère ombrageux, capricieux, violent et séducteur de cet homme jeune, visionnaire, stratège de génie, qui rêvait d’un Occident et d’un Orient réunis dans une seule et même gloire : la sienne. Car que l’on ne s’y trompe pas, si Alexandre souhaitait unir la Grèce au monde oriental, c’était bien sûr pour la grandeur de son pays, mais surtout à cause de la conviction d’être un fils de dieu, et seul un dieu pouvait accomplir une telle ouvrage.

Valerio Manfredi a voulu utiliser délibérément cette forme d’écriture afin de rendre la vie et les batailles d’Alexandre le Grand plus proches et plus réelles. L’écriture de cet archéologue, historien, est absolument superbe et même si on n’aime pas le personnage d’Alexandre, les trois volumes qui constituent « Alexander » constituent un réel plaisir de lecture pour la beauté du texte, avant d’être un récit historique.

Un autre article de MaBibliothèque.Net a été écrit sur ce livre : Les Confins du monde